Abderrahim El Harras.
Patron de pêche au Large.
De nombreux organismes de pêches n’accordent pas l’attention voulue à la collecte de données et d’informations, et les efforts qu’ils font pour aménager leurs pêcheries sont donc gênés dès le départ.
D’autres organismes consacrent énormément de temps et d’argent à la collecte des données sur leurs pêcheries, qui ensuite ne sont pas bien traitées ou classées ou sont mal analysées.
La collecte de données sur les pêches n’est pas une fin en soi, les données compilées dans des registres ou sur des formulaires enfermés dans des placards représentent un gaspillage de ressources.
Si l’on veut un aménagement responsable des pêches, il convient de rassembler et d’utiliser les données nécessaires, afin d’obtenir les informations qui aideront effectivement à aménager la pêcherie et donc à améliorer les avantages à long terme qui en découleront.
Le besoin de données est fonction des questions et des objectifs opérationnels que le gestionnaire doit examiner.
Les données se répartissent en plusieurs catégories, elles peuvent être d’ordre biologique, écologique, économique, social et institutionnel, et on peut les résumer en se posant les simples questions ci-après, que le gestionnaire devrait toujours garder à l’esprit.
* Les captures actuelles de la pêcherie sont-elles durables et représentent-elles une bonne utilisation de la ressource….?
*Les méthodes actuelles de pêche évitent-elles toute incidence dommageable et irréversible sur les espèces non visées de l’écosystème…?
* Les activités halieutiques et côtières actuelles ont-elles une incidence concrète minimale sur l’habitat physique…?
* Les activités autres que halieutiques exercées sur les lieux de pêche et dans l’écosystème qui les soutient sont-elles bien gérées, de façon à éviter une incidence dommageable et irréversible sur l’écosystème, notamment les habitats vitaux…?
* La pêcherie est-elle dirigée de façon responsable et efficace sur le plan économique, en respectant les buts et les priorités économiques du pays ou de la région…?
* Les populations qui sont tributaires de la pêcherie pour leurs revenus et leurs moyens d’existence tirent-elles un profit suffisant et utile de leurs activités liées à la pêche…?
Si la réponse à l’une de ces questions est « non ».
Le gestionnaire doit alors étudier comment ajuster la stratégie d’aménagement, en modifiant les mesures d’aménagement, pour remédier à la situation sans qu’il y ait une incidence négative inacceptable sur les réponses aux autres questions.
Si le gestionnaire ne peut pas répondre à l’une de ces questions, il n’est alors pas assez informé pour pouvoir remplir correctement ses fonctions.
Quelques données de base essentielles pour fournir aux gestionnaires des pêcheries et aux décideurs les informations qui les aideront à choisir les stratégies d’aménagement appropriées.
Il ne suffit pas, dans les pêcheries modernes, d’essayer de répondre à ces questions de façon intuitive, ou en donnant l’opinion, sans preuves à l’appui, d’autres personnes.
Qui est le gestionnaire des pêcheries…?
Les Directives techniques pour une pêche responsable (FAO, 1999) indiquent que les institutions responsables de l’aménagement des pêcheries ont deux grandes composantes:
L’autorité chargée de l’aménagement des pêcheries et les parties intéressées.
Les pêcheurs et les entreprises de pêche sont habituellement les principaux participants parmi les parties intéressées.
L’autorité responsable de l’aménagement des pêcheries est l’entité qui a reçu de l’État (ou des États dans le cas d’une autorité internationale) le mandat d’exercer des fonctions de gestion précises.
Dans de nombreux pays, cette autorité est le département des pêches ou, s’il s’agit d’un vaste département, la division des pêches.
Cependant, une autorité d’aménagement des pêcheries peut ne pas dépendre directement du gouvernement central, mais par exemple de la province ou de la région, ou bien elle peut être parastatale ou privée.
N’importe le quel de ces arrangements peut fonctionner de façon efficace, à condition de pouvoir opérer dans un cadre juridique approprié et de disposer des ressources nécessaires pour mener à bien ses fonctions.
Le gestionnaire devrait être capable de répondre à toutes ces questions en utilisant de bonnes informations exactes et récentes, notamment les informations vérifiables fournies par les parties intéressées, qui lui permettront de justifier sa réponse et d’en démontrer les raisons.
Les données recueillies dans la pêcherie représenteront d’ordinaire la principale source d’informations dont disposera le gestionnaire.
Cependant, il convient de bien compiler et analyser ces données, afin d’en extraire les informations pertinentes qui seront utiles au gestionnaire.
Dans la plupart des organismes, c’est le département ou le service scientifique qui est chargé de traiter et d’analyser les données scientifiques de base.
L‘exemple de la pêche japonaise montre que l’octroi de droits territoriaux à de petites collectivités (coopératives de villages) est de nature à réduire les conflits avec les autres types de pêche comme entre collectivités, ainsi qu’à favoriser l’auto-régulation au sein de chaque collectivité.
Loin de contrecarrer le développement de nouvelles activités comme l’aquaculture, l’existence de droits territoriaux collectifs sur la bande côtière y a beaucoup contribué en intéressant des pêcheurs à la promotion de la production d’une zone sur la quelle des droits de quasi-propriété leur ont été reconnus.




















































































