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Depuis mardi se tient à Bruxelles, le salon mondial des professionnels de la mer Seafood. Yvan Larondelle, bio ingénieur et spécialiste en nutrition à l’UCL s’interroge sur les toxines parfois présentes dans les poissons tant d’élevage que sauvages.
Point de départ : il faut choisir les poissons qui sont les plus riches en nutriments intéressants et qui sont les moins contaminés. À cause de la pollution de plus en plus massive de l’eau, plusieurs spécialistes se questionnent sur les méfaits que le poisson peut avoir sur la santé.
Pour Yvan Larondelle, “le poisson reste intéressant parce que certains d’entre eux contiennent encore des quantités très importantes des fameux acides gras oméga-3, la matière grasse qui a des impacts très positifs sur notre santé. C’est donc très intéressant de manger ces sources d’oméga-3 à longues chaînes et les poissons sont presque les seules sources disponibles pour nous dans ce cas-là, en tout cas au niveau alimentaire”.
Poissons sauvages VS poissons d’élevage
Cependant, il faut faire la différence entre les poissons sauvages et les poissons d’élevage. Les deux ne contiennent pas la même quantité d’oméga-3 et tout dépend de ce que ces poissons d’élevage reçoivent à manger. “De plus en plus souvent, on remplace les farines de poisson et les huiles de poisson par des huiles végétales ou des farines végétales, et ça pour une excellente raison. Si l’on continue à nourrir les poissons exclusivement avec des huiles et des farines de poisson, on appauvrirait trop fort les mers”, explique le bio ingénieur.
Sauf que les huiles végétales sont souvent très pauvres en oméga-3 et dès lors le poisson ne sera pas capable d’en accumuler et n’en contiendront donc plus suffisamment.
En ce qui concerne les poissons de pêche, il n’y a pas de maîtrise sur ce qu’ils mangent. Ils ingurgitent donc plusieurs poissons contaminés et finissent eux-mêmes remplis de toxines. Il vaut donc mieux privilégier les petits poissons : sardines, anchois, harengs, etc. “Des produits comme ça sont intéressants parce qu’ils sont encore riches en oméga-3, et d’autre part, ils sont pauvres en contaminants.”
Du consommateur vers le consommacteur
Un constat qui est le même pour le saumon d’élevage souvent accusé d’être le plus remplis de toxines. Yvan Larondelle ne confirme pas. Pour lui, “il y a saumon et saumon. Le saumon produit de manière très industrielle en Norvège, au Chili ou dans d’autres pays, sont moins bons. Mais il y a également des petits producteurs qui produisent du poisson de manière beaucoup plus raisonnable et qui évitent au maximum les contaminants ou les additifs dans l’alimentation des poissons”.
Aussi, le problème est que les consommateurs actuels, qui devraient devenir des “consommacteurs”, ne se posent pas toujours ces questions parce qu’ils ne sont pas bien informés, et donc ils ne mettent pas de pression sur le secteur pour qu’il y ait des précisions en termes de traçabilité des produits. Certains produits indiquent “riche en oméga-3”, mais on ne sait pas toujours exactement à quelle quantité on s’adresse.






















































































