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Le ralentissement du commerce mondial, de mauvaises récoltes céréalières et la crise énergétique ont pesé en 2016. Des investissements en hausse, des efforts sur la logistique et des chantiers innovants soutiennent l’activité. Promulguée le 21 juin 2016, la loi sur l’Economie bleue censée traduire « une politique maritime ambitieuse », comme s’en félicitait Alain Vidalies, le secrétaire d’Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, ne sera pas du luxe pour le domaine portuaire français. L’initiateur de ce texte, le député PS Arnaud Leroy, en appelait d’ailleurs à « un véritable plan Marshall portuaire ». Au vu des bilans d’activité mitigés des grands ports maritimes français, ces infrastructures portuaires en ont plus que jamais besoin.
Haropa – Le Havre, Rouen, Paris
Les ports de Paris, Rouen et Le Havre, qui constituent au sein d’Haropa le premier ensemble portuaire français et le cinquième en Europe, ont enregistré en 2016 une baisse de 4,8 % de leurs trafics maritimes, à 87,1 millions de tonnes, pénalisés notamment par la mauvaise récolte céréalière. Pour Hervé Martel, son président (et directeur général du Port du Havre), Haropa « a cumulé les handicaps sur des facteurs exogènes ». Ceux-ci n’ont cependant pas empêché le trafic de conteneurs de battre « pour la deuxième année de suite son propre record de et vers le marché français », avec 1,96 million d’EVP (pour équivalent vingt pieds, unité de mesure des conteneurs), en hausse de 0,6 %. Sur la période 2011-2016, la part de marché des ports de Paris, Rouen et Le Havre sur les conteneurs échangés dans les ports du « range nord » européen est passée de 5,9 % à 6,4 %. En 2017, Haropa va investir près de 95 millions d’euros, tandis que les investissements privés devraient atteindre plus de 595 millions, contre 527 millions en 2016.
Marseille Fos
Malgré « la réduction de la rente pétrolière », que pointe du doigt Jean-Marc Forneri, le président du conseil de surveillance du Grand Port maritime de Marseille Fos, la hausse du nombre de conteneurs débarqués (+3 %), mais aussi de voitures (+5 %), remorques (+7 %), « petits vracs » et GNL a permis de stabiliser le trafic 2016 au niveau de 2015, avec un trafic total de 80,9 millions de tonnes. Quant au trafic passagers, à 2,7 millions (+6 % sur un an), il témoigne du succès de la destination provençale pour les croisiéristes (+9 %), du dynamisme des lignes vers l’international (+12 %) et d’un retour à la normale pour la desserte de la Corse. De quoi rendre les autorités portuaires « assez confiantes » pour 2017. D’autant que s’y ajoute, à terre, un potentiel logistique, comme l’illustrent les 250.000 mètres carrés développés en 2016. Les investissements totaux ont progressé de 22 %, à 55 millions d’euros. Si la fermeture de la raffinerie Total de La Mède symbolise la fin d’un modèle, le positionnement de Marseille Fos sur la transition énergétique est conforté par de nombreux projets. Quant au choix du néerlandais d’Interxion de baser son futur data center dans des locaux portuaires obsolètes, il souligne encore ce changement d’ère. En 2017, le port de Marseille table sur une croissance de 2,2 % de son trafic et des investissements en hausse de 18 %, à 65 millions.
Dunkerque
Troisième des grands ports maritimes en termes de trafic, Dunkerque a vu son activité en 2016 freinée par les arrêts techniques pour maintenance d’un des hauts fourneaux d’ArcelorMittal, la fermeture définitive de la société de raffinerie de Dunkerque et le retard dans le démarrage de l’exploitation du terminal méthanier. Il a néanmoins réussi à maintenir son tonnage, à 46,7 millions de tonnes (+0,3 %). Avec le trafic de Calais et Boulogne-sur-Mer, les ports des Hauts-de-France totalisent 90,7 millions de tonnes. L’Association des ports des Hauts-de-France vient d’ailleurs d’être créée avec pour objectif avoué de gagner des parts de marché sur Le Havre au sud et Anvers et Rotterdam au nord, grâce au futur canal Seine Nord, qui leur permettra d’aller chercher des flux de conteneurs dans l’« hinterland », à l’intérieur des terres. Dunkerque-Port a déjà enregistré en 2016 une progression record de 7 % de son trafic de conteneurs, à 341.000 EVP, souligne Stéphane Raison, président du directoire. Ce dernier se félicite du retour de grands groupes nordistes comme Castorama, Roquette ou encore Auchan. Selon des projections ambitieuses, le trafic conteneurs pourrait être multiplié par 7 en… 2035, à 2,5 millions d’EVP.
Nantes-SaintNazaire
Après cinq ans de baisse continue, le trafic du port de Nantes-Saint-Nazaire a légèrement progressé en 2016, à 25,5 millions de tonnes (+0,3 %). La progression aurait été plus marquée sans les blocages de la raffinerie de Donges liés à la loi travail, en mai et juin 2016. Les trafics énergétiques, qui représentent 64 % des volumes, ont néanmoins progressé de 6,5 %. Autre satisfaction, le sursaut du trafic roulier (+19 %) porté par l’autoroute de la mer Vigo-Montoir et par la Milk Run Med. Celle-ci, transportant des colis aéronautiques, est désormais utilisée par Renault Nissan et Scania. Le trafic du terminal à conteneurs de Montoir a lui perdu 2 %, à 183.000 EVP. Nantes-Saint-Nazaire reste très au-dessous de son équilibre économique. Il lui faudrait 30 millions de tonnes pour couvrir ses coûts de fonctionnement. Pour y parvenir, les investissements se poursuivent avec 40 millions d’euros programmés cette année, après 30 millions l’an dernier.
Bordeaux La Rochelle
Le port de Bordeaux a vu son trafic reculer de 6,5 %, à 7,85 millions de tonnes, l’an dernier sous l’effet de la baisse des exportations de céréales, qui pèse un quart du tonnage traité. Les hydrocarbures, autre grand poste d’activité, ont faibli de 1,7 %. Une lente glissade qui a fait le bonheur de La Rochelle, un port en eau profonde et désormais premier port en tonnage de la région Nouvelle-Aquitaine, à 9,23 millions de tonnes (-5,9 %). Avec le projet XL Gironde de dragage de l’estuaire dans lequel le port de Bordeaux investit 15 millions d’euros cette année, le port a l’ambition de faire gagner près de 10 % de tirant d’eau aux navires. Enfin, Bordeaux s’invite parmi les destinations de choix pour les croisiéristes. Ils ont été 50 à accoster en 2016, en hausse de 40 % par rapport à 2015, et devraient être 53 cette année.
http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0211748467893-les-grands-ports-francais-resistent-2061409.php
























































































