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Atlantico : Qui organise ces réseaux de pêche intensive ? Quel est l’impact écologique et humain de cette surpêche sur dans cette zone géographique
Frédéric Le Manach : Le problème de la surpêche est assez global. Il n’y a pas que le large de la Guinée qui est touché, mais la Guinée et l’Afrique de l’est sont des zones ou ces problèmes de surpêche sont fréquents. On parle beaucoup de la Chine comme un des acteurs de cette surpêche, mais elle n’est pas la seule à la pratiquer. Il y a aussi beaucoup de pays européens, la Russie, ainsi que des pays asiatique comme la Corée, le Japon ou Taiwan. Il y a bien un impact environnemental car cela fragilise grandement l’écosystème et la population de poissons, et vu que ces populations servent à nourrir les populations côtières, il y a un problème de sécurité alimentaire
C’est ce dernier point qui soulève un problème humain et social. Les populations subsaharienne ou de la ceinture équatoriale, beaucoup plus pauvre que celles d’Europe ou des pays du nord, dépendent grandement de ces ressources
Comment se prémunir d’effets irréversibles pour l’écosystème marin dans ces zones où la pêche est une activité vivrière essentielle
Pour se prémunir de ces impacts négatifs, il n’y a pas 36 solutions. Il s’agit de doter les pays victimes de surpêche, généralement pauvres, de moyens de surveillance efficaces, pour s’assurer que les bateaux européens ne fassent pas ce que bon leur semble. C’est le cas depuis une dizaine d’année, avec la mise en place d’un réseau de surveillance par satellite. Les bateaux qui pêchent de l’étranger doivent être équipés d’une balise pour les localiser
En fonction de leur vitesse et de leur direction, on peut savoir s’ils sont en train de pêcher. La première mesure à prendre, c’est de savoir où sont les bateaux. Dans le cas de la Somalie, si ces pays pouvaient savoir où sont les bateaux qui pénètrent leurs eaux, ce seraient déjà un premier pas vers un meilleur contrôle, mais cela ne suffit pas. Il y a également des programmes d’observateurs, qui sont à bord d’environ 10% des bateaux européens pour observer les activités de pêche, les espèces capturées, les engins de pêche utilisés ou les zones exploitées. Tous ces éléments vont permettre de voir si l’exploitation qui est faite respecte les règles ou non. Mais ces observations ne concernent pas les bateaux chinois. Les Chinois n’en n’ont pas à bord de leurs bateaux . Le manque de moyens criant des pays africains les empêche de savoir ce qui se passe dans leurs eaux, et c’est ce qu’il faut régler en priorité. Donc, est-ce que ça doit être résolu avec des moyens humains, des moyens technologiques comme des caméras placées à l’avant des bateaux qui permettent aux citoyens et aux autorités de voir en streaming les activités de ces bateaux ou des drones
Ces moyens seraient beaucoup moins chers qu’un moyen humain. Plein d’options existent comme la surveillance par satellite ou par drones. Par exemple, le projet – Eyes on the sea – est un programme envisagé se servant des données satellites pour voir si il y a des activités de pêche locales dans des aires marines protégées. Il pourrait être généralisé pour encadrer les différents pays. C’est efficace car quand on connaît la direction et la vitesse d’un bateau, on peut savoir si il pêche ou non. Les bateaux en transit ont une signature différente des bateaux en train de pêcher. Dans le cadre de la pêche européenne en Afrique, les observateurs sont souvent à la charge du pays. Cela suppose pour les pays africains des coûts importants. Un programme – OCUT – vient d’être mis en place : un partenariat entre l’industrie, les secteurs scientifiques et les différents pays de l’océan indien pour permettre de créer un programme d’observateurs régionaux pour diminuer les coûts de ces observateurs et d’en former de manière assez homogène. Avec un observateur humain, beaucoup de problèmes se posent. C’est-à-dire qu’il peut être corrompu, ce qui n’est pas le cas de la technologie. Les observateurs ne peuvent également pas être partout, car sur un bateau de 90m de long en moyenne, ils peuvent être appelés à un autre endroit. Je dirais que l’humain et la technologie sont complémentaires pour lutter contre la surpêche, c’est-à-dire qu’un observateur dans un bureau peut très bien se servir des données recueillies par une caméra à l’avant du bateau pour les analyser, voir quels poissons sont ramenés à bord et si les algorithmes informatiques décèlent des activités illégales. Cela permet également de couvrir beaucoup plus de terrain grâce aux relevés satellitaires, chose qui est impossible avec des observateurs présents sur un bateau, car on ne peut pas en placer un sur chaque bateau. Et un observateur dans un bureau sera bien moins cher qu’un autre qui serait présent sur un bateau pendant 3 mois
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