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Les pêcheurs européens hissent le drapeau commun avant la tempête Brexit. A l’approche du déclenchement, mardi prochain, du processus par le Royaume-Uni, les représentants des pêcheurs de neuf pays européens (France, Allemagne, Belgique, Danemark, Irlande, Pays-Bas, Pologne, Espagne et Suède) ont lancé mercredi, à Bruxelles, une Alliance européenne de la pêche (EUFA, en anglais). Elle couvre l’essentiel du secteur, et la France y est représentée par le Comité national des pêches maritimes (CNPMEM). Objectif : défendre leurs intérêts dans les négociations qui vont s’ouvrir et alerter les autorités européennes sur leur importance vitale pour le secteur. « On veut souligner que, si la pêche n’est pas le plus gros secteur économique concerné par le Brexit, il est un de ceux qui pourraient être le plus impactés », insiste une représentante du CNPMEM.
L’enjeu est en fait crucial des deux côtés de la Manche : un poisson pêché sur trois en 2015 par les flottes des 27 pays de l’UE l’a été dans les riches eaux britanniques (et plus de 50 % pour l’Allemagne ou les Pays-Bas) ; dans le même temps, les pêcheurs anglais écoulent, sans droits de douane, les deux tiers de leurs prises sur le marché européen. « Nous sommes interdépendants et il faudra absolument en tenir compte », souligne Gerard van Balsfoort, porte-parole de l’EUFA, selon qui un « hard Brexit » coûterait jusqu’à 6.000 emplois aux pêcheurs européens.
Le moins de bouleversements possible
Le message est aussi à l’adresse des pêcheurs anglais, qui se sont massivement prononcés en faveur du Brexit et à qui le gouvernement anglais fait miroiter une situation bien plus confortable après celui-ci. « Il y aura deux sujets centraux dans les discussions : le libre accès des Européens aux eaux anglaises et celui des pêcheurs anglais au marché européen : soyons très clairs, il ne pourra pas y avoir l’un sans l’autre ! », insiste aussi l’eurodéputé PPE (centre droit) Alain Cadec, président de la commission de la Pêche du Parlement européen. Sur le fond, les pêcheurs européens comme les eurodéputés de la commission de la Pêche sont partisans d’un accord bouleversant le moins possible la donne actuelle. « Les accords de sortie devront garantir l’accès mutuel aux zones traditionnelles de pêche, préserver la répartition actuelle des TAC et des quotas et prévoir un cadre de gestion durable des pêches à long terme », explique Gerard van Balsfoort.
Le silence des autorités européennes sur le sujet préoccupe les pêcheurs sur le terrain. Mais il fait partie de la tactique retenue, l’UE attendant le déclenchement officiel du Brexit pour abattre ses cartes. Et, eu égard au sujet toujours sensible qu’a représenté la pêche dans la construction européenne, Bruxelles sera attentive à ce dossier. Le négociateur en chef de l’Europe, Michel Barnier, est en outre familier des enjeux : il a été ministre de la Pêche en France entre 2007 et 2009.
Derek Perrotte, Les Echos Bureau de Bruxelles.























































































